Santé mentale et psychiatrie : feuille de route du Gouvernement

santé, psychiatrie, préventionLe jeudi 28 juin 2018

Le 28 juin dernier, la ministre des Solidarités et de la Santé, en présence de la Secrétaire d’État chargée des Personnes handicapées, Sophie CLUZEL, a présenté sa feuille de route pour la santé mentale et la psychiatrie, lors du 1er Comité Stratégique de la Santé Mentale et de la Psychiatrie (CSSMP).

Cette feuille de route constitue un plan d’ensemble pour changer le regard sur ces maladies, sur les troubles psychiques et sur les personnes qui, selon l’OMS, sont une sur quatre à être touchées au cours de leur vie, en Europe.

Ces mesures sont le résultat des travaux engagés dont la ministre avait annoncé les premières mesures « d’urgence » le 28 janvier dernier au Congrès de l’Encéphale.

37 mesures sont proposées, déclinées autour de trois grands axes d’intervention :

  • promouvoir le bien être mental, prévenir et repérer précocement la souffrance psychique, et prévenir le suicide ;
  • garantir des parcours de soins coordonnés et soutenus par une offre en psychiatrie accessible, diversifiée et de qualité ;
  • améliorer les conditions de vie et d’inclusion sociale et la citoyenneté des personnes en situation de handicap psychique.

L’objectif affiché est de porter une vision positive de la santé mentale et de promouvoir la psychiatrie longtemps considérée comme le parent pauvre de la médecine.

La ministre réunira une fois par an sous sa présidence, le CSSMP dont les 29 membres représentatifs de diverses sensibilités et légitimités, seront appelés à suivre les mesures engagées. Ils pourront s’appuyer sur les travaux engagés au sein de différents comités, commissions et institutions.

 

CHIFFRES CLÉS

La psychiatrie représente :

  • 2,4 millions de personnes prises en charge en établissement de santé en 2015 ;
  • 569 établissements de santé autorisés en psychiatrie ;
  • 20,5 millions d’actes en ambulatoire en 2015 ;
  • 15 % des 10-20 ans (1,5 million) ont besoin de suivi ou de soins d’après les estimations ;
  • 7,5 % des Français âgés de 15 à 85 ans ont souffert de dépression au cours des 12 derniers mois ;
  • 8948 décès par suicide ont été enregistrés en 2015 en France Métropolitaine (soit 25 par jour contre 9 pour les accidents de la route) ;
  • La France métropolitaine se situe parmi les pays de l’Union Européenne ayant un taux élevé de suicides (par ordre croissant du taux de suicide : 17ème sur 28 en 2014) ;
  • 200 000 passages aux urgences pour tentative de suicide par an ;
  • 30 % des personnes qui vivent à la rue ou sont en grande précarité souffrent de troubles psychiques.

Les troubles mentaux (maladies psychiatriques ou consommations de psychotropes) représentent le premier poste de dépenses du régime général de l’assurance maladie par pathologie, avant les cancers et maladies cardio-vasculaires, soit 19,3 milliards d’euros.

Le coût économique et social des troubles mentaux est évalué à 109 milliards d’euros par an, dont :

  • 65 milliards pour la perte de qualité de vie ;
  • 24,4 milliards pour la perte de productivité liée au handicap et aux suicides ;
  • 13,4 milliards dans le secteur médical ;
  • 6,6 milliards pour le secteur médico-social.