Grand âge et autonomie : la feuille de route

santé, société, affaires sociales, dépendanceLe vendredi 01 juin 2018

Le Gouvernement a présenté le 30 mai dernier sa feuille de route pour relever le défi du vieillissement de la population, à court et moyen terme.

Une double approche sera privilégiée, incluant des mesures pour améliorer dans l’immédiat la qualité de vie des personnes âgées, de leur famille et des professionnels du secteur et l’ouverture d’une réflexion, associant l’ensemble des acteurs et de la société, pour anticiper et répondre au défi du vieillissement et de la perte d’autonomie.

Cette feuille de route s’appuie d’ores et déjà sur les mesures mises en place depuis septembre 2017 au travers de :

  • la stratégie nationale de santé et le décloisonnement qu’elle permet ;
  •  le plan d’amélioration de l’accès aux soins et la réflexion sur les modes de financement du système de santé ;
  • les réformes en matière de télémédecine ;
  • l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale qui permet d’expérimenter des innovations organisationnelles concernant le secteur médico-social ;
  • les annonces en matière de reste à charge zéro sur l’optique, le dentaire et les prothèses auditives.

 

 

COMMENT AMÉLIORER LA QUALITÉ DE VIE DES PERSONNES AGÉES ET PRÉVENIR LA PERTE D’AUTONOMIE ?

 

  • Prévention 

Priorité est donnée à la prévention, qu’elle concerne un public à domicile ou en établissement spécialisé. Les actions de prévention doivent ainsi être renforcées pour permettre à la population de vivre sans incapacités le plus longtemps possible :

- 15 millions d’euros seront alloués en 2018 pour le financement de plans de prévention en EHPAD, pilotés par les Agences régionales de santé. Ces moyens seront portés à 30 millions d’euros à partir de 2019 et financés par l’assurance maladie.

- 100 millions d’euros seront consacrés en 2019 et 2020 à la refonte du mode de financement de l’aide à domicile pour améliorer la qualité des services, les rendre accessibles à tous et recruter du personnel.

En outre, la Ministre de la santé a annoncé le déploiement d’un plan global de soutien aux aidants qui permettra notamment le développement de solutions de répit adaptées aux besoins des aidants, le développement de l’accueil de jour et l’amélioration des conditions de l’articulation entre vie professionnelle et soutien aux personnes âgées.

Dans une logique participative et d’efficacité, des enquêtes de satisfactions ont été commandées à la Haute autorité de santé (HAS).

  • Soins médicaux et financement des établissements 

Les attentes des professionnels du secteur sont grandes et les besoins croissants. Dès lors, des crédits supplémentaires sont mobilisés dès 2018 à cet effet :

- Les EHPAD recevront 360 millions d’euros supplémentaires de 2019 à 2021 pour recruter des personnels soignants. Le ministère des Solidarités et de la santé s’engage en outre à ce que la réforme de la tarification des EHPAD ne conduise à aucune baisse des dotations, ni en soins, ni en moyens relatifs à la dépendance pour 2018 et 2019. Ils s’ajoutent aux 70 millions d’euros déjà mobilisés sur l’année 2018.

- Pour réduire les hospitalisations en urgence évitables et sécuriser les prises en charge nocturnes, 36 millions d’euros seront consacrés à la généralisation de la présence d’infirmiers de nuit d’ici à 2020.

- Un effort financier de 40 millions d’euros sur la période 2018-2022 permettra de généraliser l’accès à la télémédecine en EHPAD afin de limiter les déplacements et d’améliorer la qualité du suivi médical, en particulier dans les zones à faible présence médicale.

- 1000 places d’hébergement temporaire en EHPAD pour les personnes sortant d’hospitalisation seront financées à hauteur de 15 millions d’euros par l’assurance maladie dès 2019 : l’objectif est de réduire les durées d’hospitalisation et de faciliter le retour à domicile des personnes, tout en les maintenant dans un environnement sécurisé avec la présence de soignants.

  • Soutien aux professionnels

La feuille de route présentée par la ministre contient également un pan entier relatif à l’amélioration des conditions de travail des personnels travaillant auprès des personnes âgées. Pour cela, il s’agit à la fois d’agir sur la qualité de vie au travail en établissement comme à domicile et d’adapter leurs formations :

- La commission Qualité de vie au travail installée fin 2017 a proposé un plan d’actions qui mobilisera 16 millions d’euros pour l’amélioration des locaux, la formation au management de l’encadrement, l’acquisition de matériels soulageant les personnels.

- Les référentiels d’activités, de compétences et de formation des aides-soignants seront revus d’ici mars 2019 pour adapter les qualifications et les pratiques aux évolutions des besoins.

  •   Préparer l’avenir : horizon 2030

La qualité de vie des personnes âgées, l’accompagnement de la perte d’autonomie et son financement sont des sujets structurants qui engagent l’avenir. C’est la raison pour laquelle Agnès Buzyn a annoncé le lancement d’un débat associant l’ensemble des acteurs et des citoyens (nationaux et territoriaux) pour aboutir à des propositions début 2019.

Les réflexions à conduire porteront sur les grands enjeux suivants :

- Quelles sont les priorités, le socle de biens et de services qui doivent être à l’avenir accessibles à toutes les personnes âgées pour accompagner le vieillissement et la perte d’autonomie ?

- Quels sont les scénarios de répartition des contributions de chaque acteur pour assurer un financement pérenne et solidaire de la perte d’autonomie ?

- Comment faire évoluer la gouvernance nationale et territoriale des politiques publiques du vieillissement et de la perte d’autonomie ?

 

QUELQUES CHIFFRES

 

  • 1,5 million de personnes ont plus de 85 ans en 2017 et 4,8 millions auront plus de 85 ans en 2050.8% des personnes âgées sont touchées par la perte d’autonomie.
  • 1,8 million de personnes seront touchées par la perte d’autonomie en 2030 ; elles seront 2,35 millions en 2060.
  • 760.000 personnes âgées en perte d’autonomie bénéficient d’un service d’aide et d’accompagnement à domicile.
  • 1.265.000 personnes étaient bénéficiaires de l’APA (Allocation Personnalisée d’Autonomie) en 2015, dont 60% vivent à leur domicile.
  • 10% des plus de 75 ans vivent en établissement.
  • 7573 EPHAD accueillant chaque année plus de 608 000 résidents.