Antiobiorésistance

santé, affaires sociales, sciences, recherche, santé publiqueLe lundi 02 juillet 2018

J’ai saisi la Ministe des solidarités et de la santé sur les dangers relatifs à l’antibiorésistance.

Les premiers résultats des travaux du GLASS – programme international de surveillance de la résistance aux antibactériens, auxquels participent une cinquantaine de pays, dont la France ne fait pas partie et qui porte sur 22 pays – sont inquiétants.

Les bactéries résistantes les plus souvent signalées sont Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Staphylococcus aureus et Streptococcus pneumoniae, suivies de Salmonella spp.

Certaines des infections les plus courantes, et potentiellement les plus dangereuses, sont résistantes aux médicaments.

« Les taux de résistance à la pénicilline, médicament utilisé depuis des décennies pour traiter la pneumonie partout dans le monde, vont de 0% à 51% dans les pays ayant notifié des données », alors que son inventeur alertait sur ce danger dès 1945 et prônait une utilisation raisonnable et en dernier recours des antibiotiques. Dans les cas où une infection par Escherichia coli est identifiée, "entre 8% et 65% des bactéries présentent une résistance à la ciprofloxacine, un antibiotique couramment utilisé contre ces infections ». Ce qui est d’autant plus inquiétant qu’aujourd’hui les agents pathogènes franchissent les frontières.

La tuberculose est étudiée à part depuis 1994 et les résultats la concernant ne sont pas plus rassurants. La tuberculose « pharmacorésistante » fait déjà 250 000 morts par an.

En France, près de 160 000 patients développent chaque année des infections dues à des bactéries multirésistantes aux antibiotiques et près de 13 000 en meurent (Rapport du 23 septembre 2015, commandé par le ministère de la Santé).

La trop grande prescription d’antibiotiques est la résultante de ces chiffres. Et la France en consomme 30 % de plus que ces voisins européens.

Le nombre insuffisant de nouveaux antibiotiques découverts et mis sur le marché est également l’un des problèmes.

Face à cet enjeu mondial de santé publique, j’ai souhaité savoir ce qui sera mis en œuvre afin de favoriser le développement de nouveaux traitements et de responsabiliser les pratiques de prescriptions et de consommation d’antibiotiques.