La Certification en langue anglaise pour les étudiants en Licence

enseignement supérieurLe jeudi 14 mai 2020

J’ai récemment été interpellée au sujet d’un arrêté du 3 avril 2020 prévoyant que le diplôme de licence sera désormais conditionné à la passation d'une certification en anglais, dès l'année prochaine pour certaines catégories d'étudiants, puis pour tous les étudiants de licence.

Aussi, ces dispositions seraient problématiques pour plusieurs raisons :

  • La fin du plurilinguisme à l'université : en rendant la certification obligatoire en anglais, cet arrêté irait à l'encontre de la liberté des étudiants de choisir la langue vivante qu'ils souhaitent étudier et valoriser. Cela irait également à l'encontre de la diversité des langues défendue par l'Union européenne.
  • Le marché confié à un prestataire privé, puisque seuls des prestataires privés auraient candidaté. Il serait déjà prévu de dépenser 3,1 millions d'euros l'année prochaine pour financer des certifications avec une durée de validité de deux ans.
  • Une formation en langue fortement impactée par cette décision : expliquer aux étudiants qu'ils peuvent choisir une autre langue que l'anglais tout en sachant qu’ils seront attendus au tournant en anglais semblerait irréalisable. Ce serait la mort annoncée des langues vivantes autres que l’anglais. Par ailleurs, les enseignants anglicistes se verraient imposer leur programme de formation par le format de la certification qui sera retenu. Ainsi, les cours d’anglais à l’université, à la demande des étudiants stressés par l’examen final, ne pourraient plus avoir d’autre but que de préparer les étudiants à ces tests. Cette situation s’apparenterait à un bachotage obtus, au mépris de la liberté pédagogique des enseignants. Enfin, certifier des étudiants de licence d’anglais (LLCE, LEA), dont le niveau a d’ores-et-déjà été testé à travers des examens pendant trois ans, reviendrait à dévaloriser les appréciations des enseignants dans ces filières.

Ces inquiétudes seraient relayées depuis un an et demi à travers différentes interventions d’élus nationaux et autres structures concernées.

Dès lors, compte-tenu des enjeux inhérents à cette situation, j’ai alerté la ministre de l’Enseignement supérieur et l’ai interrogé sur les suites qui seront données à ces revendications.