Alerte sur les jeux sportifs en ligne

jeunesseLe mardi 20 juillet 2021

Interpellée sur le danger des méthodes de communication employées par certains opérateurs de paris sportifs tels que BetClic ou Winamax, qui ciblent les jeunes de quartiers populaires à travers des publicités diffusées sur tous les supports (physique, numérique, à la télévision, sur les réseaux sociaux, à la radio, sur les plateformes etc.), j’ai alerté le ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance au moyen d'une question écrite.

Ce public, déjà fragile et précaire, est plus enclin que le reste de la population à s’endetter devant les promesses du gain et de reconnaissance sociale véhiculées par ces opérateurs. Leur stratégie marketing, laquelle reprend tous les codes des jeunes des quartiers, est renforcée par les rappeurs, célébrités et autres influenceurs web, qui se joignent à ces campagnes publicitaires pour normaliser les paris sportifs, ce qui contribue à développer les conduites addictives chez les jeunes.

Selon Santé Publique France, en 2019 « [l]es paris sportifs représentent le risque le plus important au plan individuel » avec une part de joueurs excessifs six fois plus élevée que les jeux de loterie. D’après ce baromètre, les joueurs excessifs ou à risque modéré sont plutôt des hommes jeunes appartenant à des milieux sociaux modestes. 9 parieurs sur 10 sont des hommes, 1 sur 3 a entre 18 et 25 ans, 1 sur 3 entre 25 et 34 ans.

L’Observatoire des jeux précise que deux tiers des parieurs sont classés « problématiques » avec un profil « appartenant à des milieux sociaux modestes, ayant un niveau d’éducation et des revenus inférieurs à ceux des autres joueurs (…) moins actifs que l’ensemble des joueurs et plus fréquemment chômeurs ». Plus inquiétant encore, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, 4 jeunes de 17 ans sur 10 ont parié au moins une fois en 2019.

Pourtant, le décret N°2020-1349 du 4 novembre 2020 relatif aux modalités de régulation de l’Autorité nationale des jeux interdit toute communication commerciale lorsqu’elle « incite à une pratique de jeu excessive, banalise ou valorise ce type de pratique ; suggère que jouer contribue à la réussite sociale ; contient des déclarations infondées sur les chances qu’ont les joueurs de gagner ou les gains qu’ils peuvent espérer remporter ; présente le jeu comme une activité permettant de gagner sa vie ou comme une alternative au travail rémunéré ».

C’est pourquoi, j’ai demandé au ministre ce que le Gouvernement compte concrètement mettre en œuvre afin de renforcer l’encadrement de ces pratiques et remédier rapidement aux actes des opérateurs qui considèrent que la jeunesse est un fonds de commerce.

Pour consulter ma question écrite et la réponse du ministre