8 mai à Voiron, ne pas oublier

au jour le jourLe mercredi 08 mai 2024

En ce 8 mai 2024, j'ai eu le plaisir de participer à la cérémonie qu'organisait la mairie de Voiron en présence de nombreux élus, autorités et représentants des anciens combattants.

 

Seul le prononcé fait foi

 

Cette année 2024 est une année de Mémoire pour notre pays. Nous commémorerons cette année nombre de dates liées à des évènements glorieux de la Libération de la France en 1944

Nous commémorerons aussi nombre d’exactions commises par les soldats nazis qui, sentant leur défaite approcher en cette année 1944, n’eurent plus aucunes limites dans à leurs desseins barbares et inhumains

Je pense avec émotion aux enfants de la Martellière, aux déportés du Vercors : Vassieux, Malleval, St Nizier, aux victimes des sinistres représailles de Voreppe et à toutes celles et ceux qui furent les victimes de la petitesse des hommes : aux assassinés, aux déportés, aux torturés, aux humiliés.

Alors que les derniers témoins de ces actes ignobles ne sont plus là, que ceux qui restent furent bien jeunes au moment des faits et se font aussi bien rares, nous sentons flotter sur l’Europe et la France un vent mauvais.

Celui de la guerre, qui revient en Europe. Depuis 2014 et d’une manière encore plus outrancière depuis février 2022, la Russie entreprend la destruction de l’État souverain d’Ukraine sous prétexte de dénazification.

Au Proche-Orient, nous redécouvrons avec horreur la réalité du terme de pogrom que nous croyions réservé aux livres d’histoire. En Italie, à Milan, où nous apprenons avec consternation que 1500 nostalgiques du fascisme défilent sous les saluts nazis.

Chez nous en France, les actes antisémites sont multipliés par quatre depuis l’année dernière et en particulier depuis l’attaque du 7 octobre du Hamas contre Israël.

Toujours en France, où nos principes républicains, tels que l’asile, sont sans cesse remis en cause par ceux-là même qui souhaitent le retrait des drapeaux européens des frontons de nos mairies, la fin de la construction européenne

Plus que se répéter, l’histoire bégaye-t-elle ?

Avec une outrance jamais vue. Outrance dans les propos comme ceux de Donald Trump qualifiant la Maison Blanche de Gestapo. Outrance dans les actes de remises en cause de nos institutions et principes

On ne peut que se sentir démunis face à ce retour de la haine tant il frappe avec violence nos sociétés La mort de l'empathie humaine n’est-elle pas l'un des premiers signes et le plus révélateur d'une culture sur le point de sombrer dans la barbarie comme le disait Annah Arendt ? Les périodes de l’avant-guerre et de 1939-1945 apparaissent comme des comparatifs pertinents au premier abord. Mais les époques ne sont pas les mêmes. Nous ne pouvons comparer l’Europe des années 1920 avec celle des années 2020. Le faire serait une erreur puisque les réponses restent à inventer. Mais avec le recul de ces dernières années, nous pouvons dire avec gravité que nous changeons définitivement d’époque

La période augurant la « fin de l’histoire » est révolue, c’est une certitude.

Mondialisation, ouverture sur le monde et démocratie libérale ont semble t-il fait long feu dans certaines parties du monde. Cette contestation des valeurs qui ont fait notre prospérité gagne nos sociétés

Nous voyons le monde se réarmer et à contre-cœur, nous faisons le deuil des dividendes de la paix. Devant ce tableau très noir qu’avons-nous à faire ?

Être nous-même. Rester nous-même. A la manière de veilleurs dans la nuit tels que le décrivait Geneviève De Gaulle Anthonioz

Si nous sommes réunis aujourd’hui c’est que nous partageons des valeurs communes, un attachement viscéral à notre République : démocratique, solidaire, libérale, égalitaire. Un attachement à la mémoire de celles et ceux qui ont lutté dans les moments les plus difficiles de notre histoire et qui apparaissent plus que jamais comme des exemples

Républicains, démocrates, Il n’y a pas de fatalité : ne laissons pas le monopole de la parole et des actions aux destructeurs. En ce 8 mai, veille de la Journée de l’Europe, mobilisons nous.